Invité dans l’émission Bonjour Bruxelles sur BX1, le bourgmestre faisant fonction de Schaerbeek, Martin de Brabant, s’est exprimé sur le projet de fusion des six zones de police bruxelloises actuellement à l’étude au niveau fédéral.
La commission de l’Intérieur de la Chambre a en effet approuvé en première lecture le projet de loi porté par le ministre de l’Intérieur Bernard Quintin. Ce texte crée un cadre pour la fusion volontaire des zones de police dans le reste du pays, mais prévoit une fusion obligatoire à Bruxelles.
Une réforme qui suscite des réactions contrastées
La perspective d’une zone de police unique pour la Région bruxelloise a suscité des réserves chez plusieurs bourgmestres. Certains s’inquiètent notamment de la gouvernance future de cette structure et de ses implications pour les communes.
Martin de Brabant adopte toutefois une approche plus positive.
« Il faut prendre cela comme une opportunité pour notre police locale », explique-t-il. Selon lui, une police intégrée à l’échelle régionale pourrait permettre d’améliorer la coordination et l’efficacité des actions de sécurité.
Il reconnaît cependant que plusieurs questions pratiques doivent encore être clarifiées. « La mise en pratique pose pas mal de questions et nous nous réunissons chaque semaine entre bourgmestres pour essayer de trouver des réponses », précise-t-il.
Une police unique pour toute la Région
Si la réforme aboutit, Bruxelles disposera à terme d’une seule zone de police pour l’ensemble de la Région, regroupant environ 6.500 agents. Elle deviendrait ainsi la plus grande zone de police du pays.
La mise en place opérationnelle de cette nouvelle structure est envisagée entre octobre 2027 et janvier 2028. Un financement de 65 millions d’euros devrait accompagner la fusion afin de soutenir la transition.
Pour Martin de Brabant, cette évolution pourrait représenter un levier pour faire progresser la sécurité à Bruxelles. « Je pense qu’avoir une seule police intégrée pour la Région permettra d’évoluer sur le plan de la sécurité », souligne-t-il.
La question du financement des zones de police
La réforme s’accompagne également d’un débat sur la norme KUL, un mécanisme qui détermine la répartition du financement des zones de police.
Là aussi, les positions divergent entre communes. Certaines redoutent une redistribution défavorable des moyens.
À Schaerbeek, la situation est différente. « Si la norme KUL est appliquée aujourd’hui, Schaerbeek en sortirait comme une grande gagnante », indique Martin de Brabant.
Le bourgmestre reconnaît toutefois que cette situation n’est pas soutenable pour toutes les communes bruxelloises. « Soit on se met d’accord, soit ce sera au ministre de trouver une nouvelle formule », conclut-il.
Dans les mois à venir, les discussions entre les différents niveaux de pouvoir devraient se poursuivre afin de préciser les modalités concrètes de cette réforme majeure pour la sécurité à Bruxelles.

